En perspective du Magal de Touba : Le Comité d’organisation initie d’intenses moments de réflexion


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La Commission Culture et Communication du Comité d’organisation, placée sous la présidence de Serigne Abdoul Ahad Gaïndé Fatma Mbacké, a initié une série de manifestations en perspective du grand Magal de Touba 2010. Et c’est dans ce cadre qu’elle vient de tenir le dimanche 26 décembre dernier à Paris une journée dédiée au mouridisme et à son fondateur Cheikh Ahmadou Bamba Khadimou Rassoul. Et selon le communiqué de presse qui l’annonce, quatre communications ont été ainsi prononcées par des intellectuels et des conférenciers de renommée au Palais des congrès de Montreuil. La manifestation était présidée par Serigne Bassirou Abdoul Khadre Mbacké, porte-parole du khalife général des mourides et président du Comité d’organisation, conduisant une délégation de haut niveau.

Après une séance de récital du Coran exécuté par le célèbre récitateur comorien Mohammed Moughni, souligne le communiqué de presse, le modérateur Serigne Ahmadou Dramé s’est expliqué sur les facteurs ayant guidé ce choix, rappelant la charge historique des rapports entre le Cheikh Ahmadou Bamba et l’administration coloniale française en Afrique, particulièrement au Sénégal. A ces raisons historiques, se greffent également des considérations stratégiques prédisposant la capitale française à servir de bon point de départ pour la propagation d’une pensée de dimension universelle.

Il était revenu ensuite à Serigne Mourtada Mboup, responsable du dahira mouride de Genève et conférencier de dimension internationale, de procéder à la première communication sur le thème : ‘La pensée religieuse du Cheikh Ahmadou Bamba’. Et d’après le communiqué, il a rappelé le contexte historique dans lequel est né le mouridisme. Une période trouble, caractérisée par une division volontairement entretenue par les colonialistes, entre l’aristocratie guerrière des Tiédos et l’encadrement religieux des marabouts dans le Ndiambour.

Le second thème a été traité par Sidi Abdallah Penot, traducteur d’ouvrages de sciences religieuses dont ceux de l’Imam Ghazali, d’Ibn Ata Allah et d’autres, ainsi que d’une magnifique traduction du Coran annotée et utilement préfacée. Dans son intervention, il a rappelé que tous les maîtres du taçawwuf (soufisme) ont pour préoccupation d’initier leurs murîdûn (‘aspirants’) dans la Voie (Tariqah) par l’amour du Prophète et la pratique de sa Sounnah, et que le terme mouride est propre à toutes les voies soufies. En effet, elles proviennent toutes de la même source qu’est le Prophète Bienaimé de Dieu. Et même si elles diffèrent dans leur approche éducative, les maîtres de la voie soufie visent toujours le même but qui est l’application des obligations du Coran et de la Sounnah, ainsi que d’œuvres surérogatoires.

C’était ensuite au tour d’Ali Hamoneau, auteur de deux livres sur le Cheikh, intitulés : ‘Vie et Enseignement du Cheikh Ahmadou Bamba’ et ‘Islam contre Terrorisme’ d’introduire le thème : ‘L’Islam de paix et de non violence dans la pensée de Khadimou r-Raçoulou-Llâh’. Se fondant sur des versets coraniques et hadîths, ainsi que sur la pratique du Prophète (Psl), Hamoneau a démontré que la paix et la non-violence sont des valeurs fondamentales de l’Islam. Idem pour les droits de l’homme et la tolérance, y compris en temps de guerre, le Prophète ayant fermement interdit le meurtre des non combattants (femmes, enfants, vieillards) et la destruction des synagogues et des églises. Ali Hamoneau a, ensuite, montré que le Cheikh Ahmadou Bamba n’a pas introduit une ‘innovation’ dans l’Islam en prêchant la non-violence, mais que cette doctrine s’inscrit bel et bien dans l’Islam éternel. C’est donc toujours cette voie qu’il faut prendre avant d’envisager le recours à d’autres moyens.

A sa suite, Serigne Idrissa Mbacké, fils du regretté Serigne Mourtada Ibn Khadimou Rassoul, a traité le 4e thème relatif à l’aspect spirituel du Magal. Il a notamment indiqué que ce nom signifie ‘célébration avec grandeur’. Il a aussi démontré que le Magal constitue une récompense divine en faveur du Cheikh, après un intense combat spirituel.

Serigne Bassirou Abdoul Khadre Mbacké a, pour sa part, particulièrement salué la présence de délégations représentant d’autres communautés musulmanes. C’est notamment le cas des Moustarchidines wal Moustarchidates, les dahiras Qadiriyas, les dahiras Layènes, la Fédération des Associations islamique d’Afrique, des Comores et des Antilles (Faiaca)…

Seyni DIOP source Walfadjri