Célébration du Magal de SERIGNE ABDOULAHI MBACKE « BOROOM Deurbi »


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Le Samedi 18 juin 2011, le village de Thieyene devenu Darou Rahmane accueillira des milliers de pèlerins venus d’horizons divers pour célébrer le Magal de Darou Rahmane. Ce village plein de symbole sera le point de convergence de toute la communauté Mouride.

C’est dans ce village où Serigne Touba fut assigné en résidence obligatoire en avril 1907 à son retour de Mauritanie (1907 - 1912). C’est aussi à Darou Rahmane que reposent Sokhna Faty DIOP la noble mère de Mame Thierno Birahim MBACKE et la mère du distingué Mame Insa DIENE.

Cinquième fils de Serigne Touba après Serigne Mouhammadou Moustapha Mbacké, Serigne Fallilou Mbacké, Serigne Mouhammadou Lamine Bara Mbacké et Serigne Bassirou Mbacké, Serigne Abdoulahi MBACKE, plus connu sous le nom de « Boroom Deurbi » (Le Maître des Vergers) a vu le jour en 1908 dans un village du Djoloff appelé Thieyene que Serigne Touba Khadimou Rassoul rebaptisa Darou Rahmane. Serigne Abdoulahi est le fils de Cheikh Ahmadou Bamba et de Sokhna Fatimatou Al Kubra. Il est rattaché à la famille du prophète Mouhamed par sa mère Sokhna Fatima Kourba, petite fille de Cheikh Sidy El Moukhtar Al Kuntiyu communément appelé Cheikh Sidya Baba, illustre Cheikh et grand saint homme mauritanien, gardien du khalifat Khadrya en Afrique de l´ouest.

Dés son jeune âge, Serigne Abdoulahi fut confié tour à tour à Serigne Abdourahmane Lô Ndame, à Serigne Mbacké Kani Bousso puis à Serigne Afé Mbacké pour une excellente formation en études coranique et théologique. Il a eu aussi à séjourner chez Mame Thierno Ibra Faty et Serigne Abibou MBACKE. Après avoir séjourné chez ces différents érudits, Serigne Abdoulahi a fini par parfaire son éducation spirituelle, son enseignement du Coran et des Sciences religieuses comme toute la famille de Serigne Touba. La stature des Maîtres qui ont assuré cette éducation constitue le gage de sa valeur. Mais c’est sous la tutelle de Serigne Ndame Abdourahmane LO qu’il apprit le Saint Coran à Darou Alimul Qabîr. Après la mémorisation du Livre Saint, il en calligraphia de mémoire un exemplaire qu’il remit à Cheikh Ahmadou Bamba qui l’apprécia en ces termes : « hadha qattu yamîn » (Ceci est ma propre plume) pourrait-on traduire. Sa formation spirituelle s’est aussi déroulée sous les auspices de Serigne Ndame Abdourahmane LÔ et de son père Cheikh Ahmadou Bamba qu’il avait rejoint aussitôt après sa mémorisation du Saint Coran. Il a séjourné également auprès de Serigne Mor MBAYE de Diourbel. Durant son séjour à Diourbel, le Cheikh lui confiait directement des travaux à l’intérieur de son domicile même. On rapporte qu’une fois, le Cheikh l’y fit venir et lui confia des tâches pendant une longue période ; et, lorsqu’il le libéra, il était tellement marqué par la dureté des travaux qu’on en voyait les traces sur son corps.

« Boroom Deurbi » a profondément marqué son village natal, Darou Rahmane (la demeure du miséricordieux) qui, sous sa houlette, avec sa légendaire humilité, son sens du ’Disso’ et sa très haute conception du travail, deviendra un Eldorado florissant de jardins et vergers avec des espèces ligneuses et légumières jusque là inconnues dans ces contrées ; ce qui lui valut le surnom qui l´identifie le plus parmi les talibés : Boroom Deurbi. C´était un homme exceptionnel par son sens très élevé de l´organisation du travail et de l´entreprenariat dans le domaine agricole. Très courtois, son ardeur au travail n´avait d´égard que sa recherche constante de piété ; ainsi il ponctuait ses activités de séances de prières, de récitation du coran et d’enseignement de la sunna. Le 15 janvier 1960, Serigne Abdoulahi Mbacké « Boroom Deurbi » est rappelé à Dieu ; laissant les talibés dans un profond désarroi. Ses descendants dont son fils aîné et actuel khalife Serigne Cheikh Mbacké, ont hérité de sa sagesse, de ses qualités, de ses vertus et de sa très noble vision du monde. Et à ce titre, tout le monde les estime pour le respect qu’ils imposent. Ils montrent également une envergure intellectuelle et morale louable, un savoir-être remarquable et une détermination sans faille.